Pourquoi on ne fait pas “chanter” un bol sur un chakra
- Marie-astrid Legrand
- il y a 3 jours
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours

(Et comment utiliser un bol
de façon juste, subtile et efficace)
On le voit partout : un bol posé sur le ventre, le cœur, le dos… et quelqu’un “fait chanter” le bol en tournant le bâton tout autour.
L’image est spectaculaire, hypnotique, “instagrammable”. Et on pourrait croire que c’est le geste incontournable du travail vibratoire.
Pourtant, ce geste est souvent le signe d’une confusion :confusion entre le corps et l’énergétique, entre sensation et régulation, entre un effet visuel et prendre soin de façon juste.
L’objectif de cet article n’est pas de juger. C’est d’expliquer, simplement et clairement, pourquoi on ne fait pas chanter un bol sur un chakra, parce que, a moins d'être une sacrée pointure, ça peut avoir des effets délétères.
Et aussi parce qu'on a envie de redonner au bol chantant toute sa véritable palette… infiniment plus riche qu’un geste répété “qu’on a vu sur internet”.
Un chakra n’est pas un “bouton” sur le corps
Dans l’anatomie subtile, un chakra n’est pas un point magique qu’on active par contact. C’est un centre de régulation, un carrefour vivant qui traite des flux : vitalité, émotions, information, conscience.
De façon accessible, simple et raccourcie, on peut dire :
ce n’est pas une touche de piano qu’on appuie, c’est à la fois une porte, une clé et un «rouage»
c’est forcément inscrit dans un système dynamique.
Et cette dynamique varie selon la personne, le moment, l’état physique, émotionnel, nerveux. Le chakra comporte ses propres qualités:
sens de circulation / polarité,
amplitude (ouverture, rayonnement),
vitesse / niveau d’activité,
qualité (cohérence, stabilité, densité, clarté).
Donc le travail subtil n’est pas “d’exciter” un chakra parce qu’on l’a localisé. Le travail subtil, c’est d’aider le système à se réguler, de comprendre ce dont il a besoin et comment y répondre.
Bol sur le corps : oui… mais on distingue vibrer et chanter
C’est ici que beaucoup d’erreurs se glissent.
Oui : on peut faire vibrer un bol sur le corps
On parle ici d’un bol (pas n’importe lequel !) posé sur une zone (dos, bassin, ventre, etc.) et mis en vibration par une activation adaptée. Cette pratique peut être très puissante et très bénéfique si elle est faite avec discernement.
Parce que dans ce cas, on agit sur plusieurs plans :
le plan mécanique (onde vibratoire dans les tissus),
le plan nerveux (détente, relâchement, réponse parasympathique),
le plan énergétique (fluidité, équilibrage, épanouissement, “mise en cohérence”).
Mais… ce “si” est immense : il faut savoir quel bol on pose, pourquoi on le pose, où, combien de temps, avec quelle intensité, et surtout pour quel effet recherché.
Non : on ne “fait pas chanter” un bol sur un chakra
Faire chanter, c’est du frottement continu, avec une vibration soutenue, puissante, inductive, insistante.
Sur le corps — et a fortiori “sur un chakra” — cela a tendance à :
imposer une stimulation unique et prolongée,
Induire une direction, une amplitude.... Et très peu de gens sont réellement capables de ressentir (ce sera différent chez chacun) ou de "savoir" (même les informations dans les livres peuvent changer d'un enseignement à l'autre) quel chakra fonctionne comment
sur-solliciter localement (au lieu de réguler globalement),
générer un effet de saturation (physique, nerveuse ou émotionnelle),
produire une expérience “forte” qui n’est pas forcément une expérience “juste”. (et qui déssert la sonothérapie et la compréhension de ses véritables potentiels).
Le problème n’est pas le son. Le problème est la modalité et l’intention énergétique : sur un chakra, ce n’est généralement ni nécessaire, ni fin, ni respectueux de la dynamique propre du centre.
Pourquoi c’est une mauvaise idée “sur un chakra” (même si ça impressionne)
Parce qu’un chakra ne se force pas
Si un chakra est en excès, en faiblesse, en désordre, en surcharge… la réponse n’est pas “plus fort et plus longtemps au même endroit”. La réponse, c’est une information et une proposition d'harmonisation adaptées (et pas forcément sur le chakra lui même).
Le frottement continu sur place ressemble souvent à :
“je fais tourner le moteur pour que ça marche”…alors que le système a surtout besoin d’équilibrage, de respiration, de cohérence, de circulation et d’interagir avec la proposition en bonne intelligence.
Parce que la localisation ne fait pas la précision
Poser un bol “au niveau du plexus” ne veut pas dire qu’on travaille correctement le plexus.
Dans la pratique, ce qu’on observe souvent, c’est :
un effet local très fort,
et un système global qui n’a pas été pris en compte.
Or le vivant fonctionne en réseau : respiration, diaphragme, posture, fatigue, charge émotionnelle, digestion, stress… Le chakra “réagit” à tout ça et communique avec tout ça. On ne peut pas le traiter comme une pastille isolée.
Quand le spectaculaire remplace la compétence, on peut obtenir beaucoup d’effet avec très peu de maîtrise… Ces effets ne sont pas forcément agréables ou souhaitables mais le manque de repères ne mettent pas toujours la puce à l'oreille des gens impactés, il y a souvent un biais d'expérience du type "Il parait que c'est bien, j'ai senti que ça vibrait alors je dois me sentir bien" et c’est précisément ça qui entretient la confusion : “ça fait quelque chose donc c’est bien”.
Mais une séance vibratoire se juge à :
l’état global après (appaisement, calme, clarté, niveau d'énergie...),
l’intégration dans les heures et jours suivants,
la stabilité et la douceur du résultat.
Ce qu’on oublie : le bol chantant, une palette immense de possibilités
Le bol n’est pas un “outil chakra”. C’est un instrument qui a :
une signature sonore (son, harmoniques, timbre),
une signature vibratoire (densité, diffusion, direction…),
et une qualité vibratoire (les effets ressentis peuvent être différents pour deux bols identiques en apparence).
Deux bols semblables visuellement et sonorement peuvent produire des effets très différents, ça procède de la difficulté à sélectionner un VRAI bol chakra et est un des éléments qui dément toute théorie du type "Une note=Un chakra". A la sortie de la fabrique, les bols sont empilés, parfois envoyés à l'atelier de gravure et vendus, aucun "contrôle" de leurs qualités sonores n'est effectué. Chaque bol a un son différent, une couleur sonore différente, des harmoniques différentes, des qualités vibratoires différentes, une amplitude différente, une stabilité différente... On peut avoir un bol avec un son agréable ou non, stable ou non, aigu, grave, profond, dispersé... Tous les bols sont différents. (Pour en savoir plus, je vous invite à lire notre article "Comment choisir son bol chantant " ).
L’intention juste : la vraie frontière entre prendre soin et spectacle
Le spectaculaire peut donner l’illusion de la maîtrise.
Mais en pratique vibratoire, la maîtrise ressemble souvent à l’inverse :
des gestes simples,
des dosages fins,
une écoute profonde,
du silence,
une présence très stable,
et une intention claire.
Et cette intention, c’est ce qui change tout : Est-ce que je cherche un effet “waou”… ou un effet juste ? Est ce que ce que je fais respecte pleinement la personne et ses systèmes? Est ce que j'ai l'humilité de reconnaitre que je ne sais pas si c'est le cas?
Ce qui s’apprend (et ne s’apprend pas en un jour)
Utiliser un bol sur le corps avec précision, ça demande du temps. Pas parce que c’est compliqué “intellectuellement”, mais parce que ça demande :
de comprendre les réactions du système énergétique et son influence sur les autres systèmes (nerveux, hormonal…) et les respecter,
de savoir doser (intensité, durée, emplacement),
de reconnaître les signes de surcharge ou d’inconfort,
d’apprendre à choisir le bon bol pour la bonne pratique,
et surtout d’affiner l’écoute : le corps répond, mais il faut savoir l’entendre.
Prendre soin d’une personne, souvent fragile ou en difficulté, par le son est un art qui demande des connaissances et de la rigueur. Ces dernières années, l’intérêt pour les bols chantants et les pratiques vibratoires a beaucoup grandi , et c’est une bonne nouvelle : plus de personnes découvrent la puissance du son, et de nouvelles approches émergent.
En parallèle, on voit aussi apparaître chaque semaine de nouveaux “formateurs”. Cela ne signifie pas qu’ils aient de mauvaises intentions ou souhaitent juste surfer sur la vague de la mode. Mais dans une discipline où l’on touche à l’équilibre d’un être humain, l’enthousiasme et la pratique ne suffisent pas toujours : transmettre demande une longue pratique personnelle, une vraie maîtrise, une compréhension fine, et du discernement. Or, si l’offre se multiplie, les compétences capables d’encadrer et de transmettre sans approximations restent, elles, beaucoup plus rares.
Une boussole simple pour ne pas se tromper
Si tu veux un repère facile à garder, le voici :
Vibrer sur le corps peut être pertinent (activation adaptée, protocole, intention, écoute).
Faire chanter en frottement continu sur un chakra est généralement inutile, souvent maladroit, et parfois franchement contre-productif.
Le bol chantant est un instrument d’une richesse incroyable… à condition de le comprendre pleinement.
La voie la plus sûre : travailler sans contact direct, en écoute
Si l’objectif est de "faire du bien" tout en étant certain de ne pas faire de mal, de ne pas “bousculer” un système fragile ou de créer des effets indésirables, il existe une option simple, belle et très sûre : travailler en écoute à distance du corps.
On quitte la logique du “contact” et de l’intensité mécanique. On revient à l’essentiel : l’écoute du bol. Et là, tout change :
Tous les bols peuvent convenir, tant qu’on les trouve sincèrement agréables à écouter.
Si on en utilise plusieurs, l’important est qu’ils sonnent bien ensemble (qu’ils ne créent pas de tension sonore ou d’agressivité).
Le repère principal devient : est-ce que je peux écouter ce son longtemps sans que ça crispe, fatigue, ou agite ?
Et surtout : on apprend à intégrer les effets sur soi, parce que c’est le meilleur professeur. Si toi tu ne peux pas “recevoir” ton propre bol, tu ne peux pas vraiment accompagner quelqu’un avec et on ne peut partager que ce que l'on a.
C’est une approche plus intuitive : on observe, on ressent, on affine. On comprend progressivement comment chaque bol “agit” : enveloppe, apaise, clarifie, ancre, ouvre la respiration, calme le mental… ou au contraire stimule trop.
Et c’est pour ça que c’est aussi la porte d’entrée la plus accessible : pas besoin d’une formation longue pour commencer à jouer à distance avec respect. Il faut surtout de la simplicité, de l’écoute, du bon sens… et l’humilité de laisser le son faire son travail, sans chercher à “forcer” quoi que ce soit ni à épater la galerie.
Bien qu'il existe des protocoles pour donner des relaxations sonores et emmener les gens de façon précise, ils ne sont pas indispensables pour commencer à partager un moment de très belle qualité autour du bol chantant, en toute sécurité.
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